Sombres plantations

Recension rédigée par Josette Rivallain


Sous la forme d’un roman policier, ce livre décrit une situation coloniale de la fin du XIXe siècle, brutale, au sein de l’Empire britannique. L’affaire débute avec la déclaration de la disparition d’une coolie travaillant dans une plantation qui, apparemment, se serait enfuie, mais le missionnaire déclare que cela est impossible.

L’écriture du livre est claire, précise, enlevée, bien rendue par la traduction. Les codes sociaux de l’époque sont bien mis en évidence.

Nous découvrons la réalité des plantations dans lesquelles vivent des habitants d’origine océanienne travaillant sous contrat, britanniques, hindous, australiens, chacune occupant un rang précis, occasion de décrire les arcanes d’une société hiérarchisée, le poids des conventions sociales, son habitat, et ses habitudes, mais également de dresser le portrait d’opposants à ce système. Ainsi est campé le portrait d’un ecclésiastique dénonçant l’asservissement des indiens, également les possibilités de contact entre catégories sociales et géographiques avec l’exemple du policier sikh et de son adjoint fidji, du médecin apportant son concours à chacun.

A travers des portraits types d’hommes et de femmes se dessine la vie d’une société artificielle qui produit des richesses agricoles à l’usage exclusif de quelques uns à travers l’image de la coolie, des policiers, du chef de la police, de l’épouse du planteur et du planteur lui-même, son épouse ayant fait campagne pour qu’il devienne le responsable de l’administration des plantations, alors qu’il est un personnage peu reluisant pour qui l’éloignement de la métropole permet d’échapper à la justice.

En contrepartie, l’expédition équestre du policier hindou est l’occasion d’une description attirante des paysages de l’environnement végétal. Son enquête dans les plantations insiste sur les conditions de vie des coolies : habitat, alimentation, hygiène, éducation des enfants et leurs relations aux adultes. Elle permet de mesurer le côté sommaire de la justice, ses arrangements avec le ciel et les lois des hommes.

Le livre insiste sur les quelques européens présents, l’impression de pouvoir qu’ils s’attribuent, sur les femmes, notamment, et vis à vis de la société en général, les combines mises au point, leur cupidité et leur absence de moralité.

Heureusement, les méchants disparaissent, sont punis et, dans  ce livre, c’est la justice qui gagne.