| Auteur | Arundhati Roy ; traduit de l'anglais (Inde) par Irène Margit |
| Editeur | Gallimard |
| Date | 2026 |
| Pages | 398 |
| Sujets | Mères et filles Autobiographie indienne (de l'Inde) de langue anglaise XXIe siècle Récits personnels indiens (de l'Inde) XXIe siècle |
| Cote | 70.374 |
Ce livre a été rédigé comme un hommage à la mère de l’auteur, qui, à la faveur de la description de cette femme haute en couleur, raconte sa propre existence, soulignant les liens étroits qui les lient toutes deux. Et pas seulement, car ces deux femmes sont des figures emblématiques des transformations de l’Inde de la deuxième moitié du XXe siècle.
Ainsi suivons nous, à l’échelle de ce continent, tout un pan de l’histoire en cours, et celles de ses populations si diverses à travers le tourbillon traversé par l’auteur et ses proches. Tout cela est structuré en 42 chapitres, aux intitulés accrocheurs et écrits dans une langue savoureuse que la traduction a su rendre. Car, à la lecture des pages, on vit ce qui est écrit, visualisant les personnages, les paysages, ressentant les différentes situations qui se succèdent.
Ainsi, à travers le portrait d’une mère aimante, certes possessive, mais créatrice, exigeante, jetant à la fois le chaud et le froid, vibre toute l’histoire d’un sous continent et l’affirmation des femmes à avoir une existence propre. C’est l‘image d’une société dans laquelle survivent et se côtoient des populations nombreuses, aux statuts très différents, décrites sans que l’auteur tombe dans le misérabilisme, traitées ici avec humanité, sans jugement global a priori. Pas, non plus, de regard courroucé sur un passé encore proche, celui de la colonisation, ou celle de la période de Gandhi, mais des descriptions sévères de ceux qui détiennent actuellement le pouvoir politique, ainsi que de leurs exactions, notamment dans les régions connues de Arhundati Roy, ainsi que des massacres qu’ils sont capables de commanditer.
Dans ce livre, on voit les personnages en action, telle l’auteur qui, consciente des injustices ambiantes, parlent, écrivent ouvertement, se serrent les coudes pour aller de concert de l’avant.
C’est une belle leçon de vie à travers laquelle le lecteur saisit la qualité de l’existence, ses tensions, les possibilités dont les hommes et les femmes peuvent disposer. Le ton de l’ensemble, le choix de la forme et de l’écriture apportent des données que les écrits scientifiques, juridiques et autres ont du mal à faire passer.