| Auteur | Olivier Aranda |
| Editeur | Passés composés |
| Date | 2026 |
| Pages | 411 |
| Sujets | France 1789-1799 (Révolution) Opérations militaires France. Marine 1789-1799 (Révolution) |
| Cote | 70.500 |
Dans son introduction, l’auteur remet en cause la façon dont la marine française a été en général jugée pendant cette période très particulière. Son ouvrage a donc pour objectif de revenir en détail sur la réalité des faits afin de récuser toute « rupture » catastrophique, en apportant les preuves d’une réelle fermeté dans la conduite des affaires navales, dans la continuité des politiques précédentes.
Pendant la 1re République, tout au long de la période conventionnelle puis directoriale, la marine française fait l’objet d’une attention continue de la part des instances successives de direction politique de la guerre : Conseil exécutif, Comité de salut public, Directoire exécutif. Loin d’être indifférentes aux questions maritimes, les autorités mettent en œuvre, avec enthousiasme, les stratégies navales les plus variées, ce qui n’exclut pas les erreurs et orientations délétères.
La question des succès et des échecs de la marine républicaine ne peut naturellement être occultée, mais l’essentiel de la décision militaire durant la période se joue à l’échelle du rapport de force et des orientations stratégiques, sans que la nature du régime n’influe en profondeur sur le conflit. En particulier, la sphère politique apparaît avoir presque systématiquement approuvé les documents proposés par le ministre de la marine et ses bureaux.
Cela étant, la marine républicaine est également impliquée dans les bouleversements de la société civile, ce qui influe notamment sur l’exercice de la discipline à bord. Compte tenu de son impact dans les colonies, l’abolition de l’esclavage tient en outre une place importante dans la stratégie maritime française de cette période.
L’étude opérationnelle des engagements ne met pas au jour de défaillances récurrentes au sein du corps des officiers de la Révolution. En réalité les succès et les échecs sont avant tout dictés par les contingences stratégiques. Ce sont en effet les chiffres écrasants du rapport de force en termes de vaisseaux de ligne qui expliquent l’essentiel des arbitrages des gouvernements révolutionnaires successifs, dans la continuité de leurs prédécesseurs.
La stratégie navale révolutionnaire n’a en réalité jamais cessé de s’adapter aux évolutions du rapport de force et ainsi d’explorer un vaste champ de possibilités stratégiques, entre les
approches indirectes comme la course ou le débarquement de troupes, ou encore l’attaque frontale qui paraît souvent suicidaire.
Au final, l’auteur estime que « la Révolution française n’a en rien dicté, sur le plan naval, l’échec final de la France dans son duel avec la Grande-Bretagne. » Du point de vue naval, la période révolutionnaire s’inscrit pleinement dans la continuité des politiques précédentes.