| Auteur | Jean-Bosco Péléket |
| Editeur | Le Lys bleu |
| Date | 2025 |
| Pages | 248 |
| Sujets | Romans d'aventures XXIe siècle |
| Cote |
L’auteur, Jean-Bosco Péléket, directeur d’hôpital, retraité, est originaire du pays Yakoma en RCA, à la confluence du Mbomou et de l’Uélé constituant l’Oubangui, affluent nord du Congo frontalier, entre l’ex-AEF et le Congo-Zaïre, en Afrique centrale. Il prend le temps de revenir sur son parcours en traitant d’un sujet original rarement abordé.
Dans son roman, il imagine que son héros GK (Gni Koli, mon fils), Centrafricain, est devenu un brillant architecte parisien, profession qui lui a ouvert des accès dans une classe souvent aisée. Demeurée au pays, sa mère, dite Mamita, rêve de pouvoir venir en France voir dans quel milieu vit son fils. Profitant d’une occasion quelque vingt ans plus tard, elle imagine pouvoir reconstituer à Paris une cérémonie traditionnelle d’union conjugale, qui « se déroulera en cinq temps : vérification de la généalogie et du consentement des promis, remise de la dot, serrement des liens, festivités ». La mère de GK commente pour sa belle-fille que « se marier pour la seconde fois avec l’homme que tu aimes sans avoir eu à divorcer, c’est une belle histoire qui t’arrive, Chérie ».
Pour cela, elle va documenter une jeune étudiante parisienne qui prépare une thèse sur la vie des femmes africaines, tandis qu’en contrepartie, celle-ci initiera Mamita aux modes de vie occidentale.
Cela lui permet d’alterner les compliments et quelques remarques acerbes ou désabusées : en France, « les structures de santé, ouvertes à toutes les couches de la population, étaient d’une grande efficacité … », « Les femmes, en France, font beaucoup d’études et pas beaucoup d’enfants … », « L’éducation française avait généré des gens individualistes … chacun pour soi … Sous la colonisation française, les Africains étaient affublés du doux et singulier qualificatif « évolués »…
Certaines remarques explicitent la pensée de l’auteur. Ainsi, après la cérémonie qui clôture le roman, un adolescent centrafricain confie, admiratif : (p. 243) : « Cette grand-mère a ressuscité un pan de ma culture africaine, dont j’étais privé. Tu te rends compte, mais tu t’en rends compte, maman ? ». Mamita ajoute (p.213) : « J’observe, comme toute le monde que la jeunesse Africaine n’a des yeux que pour le monde extérieur … », (p. 224) : « La francophonie … devrait être l’affaire des peuples qui en composent l’espace. Or, pour se comprendre, il faut se connaître, et les peuples de cet espace ne se connaissent pas ou si peu … ». GK conclut (p. 121) : « Ce mariage n’est ni folklorique, ni politique, mais l’expression de la volonté d’un couple mixte de renouveler leurs engagements sous les auspices d’une humanité partagée ».
Cet ouvrage est un hymne à la femme et particulièrement, à la mère, à la fois tendre maman et courageuse « cheffe » de la famille au sens large, mue par une autorité douce mais ferme. Il introduit une réflexion sur la place de la femme dans les sociétés africaines et sur leur rôle prépondérant dans la construction d’une famille, souvent nombreuse, souvent disséminée, mais toujours sous le sage regard des anciens.