| Auteur | Maurice Bandaman |
| Editeur | Présence Africaine |
| Date | 2025 |
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| Sujets | Littérature française XXIe siècle Afrique Histoire traditions |
| Cote | 70.398 |
A priori, le titre de cet ouvrage centre la pensée sur l’esclavage, ce qui est bien le sujet, la scène principale, l’abus dénoncé. Mais il y a les coulisses, la vérité en relief, le contexte qui fait connaître l’Afrique et les routes qui ont porté cet esclavage. Or, le titre porte aussi une dualité avec les sœurs et cette dualité s’inscrit dès le début : deux personnages, Jordan et Jacinthia, les blancs et les noirs, les bourreaux et les victimes, le présent et le passé, celui des ancêtres, et aussi les nombreux dialogues, comme pour atteindre une maïeutique nécessaire aux yeux de Maurice Bandaman, enseignant et diplomate.
On est donc confronté aux traumatismes vécus par une société dépendante de diverses servitudes : esclavage, scarification et autres mutilations, tabous, violences au sein du village et au-delà. Le livre a donc fonction de libération et doit exposer les chemins qui y mènent ; car il existe une capacité d’amour qui va être confronté au silence et subséquemment à la découverte de liens insoupçonnés. La sagesse, celle que transmet le patriarche ou l’Histoire, devrait s’imposer, mais au terme de combien de vicissitudes ? Tel est le défi lancé par ce roman.
C’est donc bien plus qu’un simple plaidoyer contre l’esclavage ou le racisme, avec un style éprouvé. C’est un bel exposé rendant compte de l’Afrique, de ses traditions, de ses légendes, le tout raconté par un griot de talent. On retient quelques passages représentatifs : une Genèse renouvelée pour le Dieu Offo, les mouches révélatrices d’une présence de poison, de merveilleuses descriptions de paysages, personnages, pérégrinations ou traversées tragiques ou encore accès à un autre monde, au-delà des surprises.
Et le style varie. Du narratif renvoyant à l’art du conteur, au dialogue et surtout aux passages psalmodiés, lesquels respirent et soufflent de mots empruntés au langage local mais aussi au français : « Ndahou yaki hooo !/ Mi anianam yaki hooo !/ Pardon chère sœur ! » Un texte cérémonial ou solennel pour hausser le ton.
Un livre africain riche de réflexions et de sagesse face aux tragédies et souffrances.