| Auteur | Abdallah Mirghane |
| Editeur | Komedit |
| Date | 2025 |
| Pages | 117 |
| Sujets | La Réunion (France ; île) Ndzouani (Comores ; île) Théâtre (genre littéraire) |
| Cote | In-12 2721 (MSS) |
Ancien ambassadeur des Comores à Paris et délégué permanent à l’Unesco, l’auteur vit depuis plusieurs années à La Réunion, et il a tenu à rappeler dans cette succession de scènes théâtralisées sous le titre L’idylle des Iles un épisode des relations commerciales et humaines entre l’île comorienne d’Anjouan où il est né et La Réunion, alors appelée Ile Bourbon. L’action se déroule entre 1815 et 1822 (p.9).
M. Depouly, dans la préface de l’ouvrage en résume l’intrigue ; il s’agit de l’idylle entre le Capitaine français Théophile Frappa et la Princesse Djamila d’Anjouan symbolisant l’alliance souhaitée entre les deux îles (p.10). L’amour que Djamila voue à Théophile lui permet d’affronter la résistance de son père à une union qui défierait les arrangements matrimoniaux des « grands mariages » comoriens privilégiant le rang dans la société et la richesse et négligeant les mariages d’amour. Ainsi, Djamila personnifie le rôle des femmes dans la société comorienne et leur capacité à infléchir les décisions par leur sensibilité (p11).
Les premières scènes se déroulent à Anjouan, où le bateau du Capitaine Théophile Frappa a échoué ; d’abord dans le port (p.15) puis dans le palais du Sultan (p.18). En France, où a eu lieu la Restauration de Louis XVIII, les conseillers évoquent la situation en Anjouan « carrefour stratégique du commerce maritime entre l’Afrique, le Golfe Persique et l’Inde où la population musulmane est marquée par des influences arabes, souahélies et bantoues, et où les Britanniques surveillent toute avancée française dans cette zone » (p.29). On revient alors à Anjouan où les regards admiratifs de Théophile et de Djamila l’un pour l’autre se sont croisés (p.19). Ils vont se rencontrer, Djamila avouant à Théophile « Peut-être que l’amour est la seule voie qui nous libèrera » (p.54). L’intervention de la mère de Djamila (p.60) et de sa sœur (p.58) convaincront le Sultan de la laisser partir à Anjouan avec son frère le Prince Jaafar qui y négociera le Traité prévu entre la France et Anjouan (p.73). Arrivés à Saint-Denis, les habitants des deux îles se livreront à des danses traditionnelles comme la mayola (p.87) pour célébrer la force des liens humains et la promesse d’une fraternité sincère entre les deux îles (p.12). Mais les concessions exigées des Anjouanais par la partie française sont trop contraignantes et le Prince Jaafar devra repartir sans les avoir acceptées (p.102).
Restent à Bourbon Théophile et Djamila dont l’impossible amour ne se concrétisera pas. Théophile, inspiré par l’abolition britannique de 1805, sera condamné pour s’être opposé à la traite et avoir déclaré que les passagers africains qu’il avait ramenés d’Anjouan à La Réunion dans le cadre de la
traite étaient des « engagés libres » (p.12). Le Capitaine sera traduit devant le Conseil de guerre en février 1823 sous l’inculpation d’avoir « contrevenu aux lois sur le transport des Noirs » et sera condamné à dix ans de prison. Djamila, laissée seule sur l’île, épousera un Créole bourbonnais (p.106).
Le lecteur appréciera les éléments bibliographiques sur ce sujet peu connu des relations entre Anjouan
et La Réunion dans le premier quart du XIXe siècle (pp.109 et 110), ainsi que le texte du traité « léonin » d’accord entre l’Anjouan et la France, qui devait remettre la moitié de l’île à des colons venus de France pour y construire des sucreries, en contrepartie de la défense d’ Anjouan contre les pirates malgaches. Il ne pouvait en ces termes être avalisé par le Sultan de cette île comorienne.
L’auteur a également inséré dans les répliques des poèmes comoriens de Saif Alwatani (pp.57 et 107). 14 illustrations historiques et photographies « orientalistes » dont l’origine n’a pas été donnée, accompagnent plusieurs scènes.