Finance islamique et tontine : lien de complémentarité

Recension rédigée par Christian Lochon


Comment la finance islamique et les tontines peuvent-elles constituer un outil de financement pour les petites et moyennes entreprises ? (p.11)

 AFRICAINS

En 2035, l’Afrique aura 2,1 milliards d’habitants dont 650 millions de personnes pauvres dans les pays majoritairement musulmans, 450 millions de jeunes avec ou sans emploi (p.9).

 CHARIA

Interdiction de l’usure (p.14) et adoption d’une éthique financière globale (p.14). Le Comité chariaïque assure des contrôles préventifs, correctifs et directifs (p.29) confiés à des docteurs en religion islamique ayant une compétence en droit commercial islamique (p.31).

  

PRINCIPES DE LA FINANCE ISLAMIQUE

Partage des risques et profits, interdiction du taux d’intérêt (p.22).

Musharaka : les parties supportent les pertes à hauteur de leur participation et partagent les profits selon un pourcentage prédéterminé (p.25).

Moudaraba contrat entre des banques participatives et des entrepreneurs qui réalisent un projet. Les bénéfices sont répartis entre les parties et les pertes sont supportées par les banques sauf en cas de négligence des entrepreneurs (p.25).

Takaful est une assurance islamique où le client est sociétaire (p.26).

 

BANQUE ISLAMIQUE

2004 Islamic Bank of Britain (p.10).

Depuis la crise financière de 2008, les banques islamiques se sont multipliées dans les pays arabes et musulmans, comme à Dakar en 2022 (p.20).

 

TONTINES

La tontine est une pratique très ancienne et mondiale qui concerne le financement mais aussi les travaux champêtres en commun (p.42). On attribue le nom à un financier italien, Lorenzo Tonti, qui conseilla à Mazarin vers 1650 de l’adopter pour renflouer les caisses de l’État. Les tontines privées succédèrent aux tontines publiques (p.46). Comme les banques au XXe siècle n’ont pas cherché à s’adapter aux populations pauvres, ces dernières se sont organisées entre elles pour faire face collectivement à leurs besoins et se prêter mutuellement au sein d’associations rotatives d’épargne et de crédits populaires (p.34). Les tontines sont donc des mécanismes qui permettent de faire circuler la monnaie en contrepartie d’une accumulation temporaire de créances et de dettes (p.35). Les dépôts et les prêts sont de petits montants de très courte durée (p.36). La réciprocité s’applique entre l’emprunteur et le prêteur sachant   que ces rôles pourraient être inversés (p.38). La finance informelle permet de maintenir des coûts de transaction peu élevés en apportant les services financiers à des tontines socio-professionnelles ou géographiques (p.48).

 

FAIBLESSE DES TONTINES

En favorisant le développement des pratiques tontinières, le marasme financier qui a suivi la crise économique des années 1990 en a également dévoilé les faiblesses. En Afrique, les tontines ne sont pas encore reconnues légalement mais dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, une loi sur les institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit est en cours d’adoption devant les parlements africains. Cette loi pourrait servir de tremplin aux tontines pour solliciter leur reconnaissance auprès des autorités (p.55).

 

METHODOLOGIE DE L’ENQUETE

L’auteur, de nationalité guinéenne, explique pourquoi il a placé son enquête à Conakry qui concentre toutes les activités de l’État (p.63 à 87). L’enquête de terrain est menée auprès de deux associations tontinières, l’une rassemblant 60 femmes, en activité ou cherchant à l’être et une autre mixte de 340 personnes gérée par un tontinier ambulant (p.65). 274 sont des femmes.

   

CONCLUSION

Les dispositifs informels tontiniens peuvent être assimilés à des mécanismes de régulation sociale, ayant des origines culturelles, religieuses et éthiques, plaçant ainsi le social au même niveau que le bénéfice matériel (p.60).