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Connexions transimpériales : hommes et femmes de terrain dans les empires français et britannique (XVIIIe-XXe siècles)

 

Conférencier invité :

Pierre Singaravélou (Paris I Panthéon-Sorbonne-King’s College, Londres)

 

C’est chez vous que j’ai trouvé mes premiers maîtres – c’est à mes premières escales à Aden, à Colombo, à Singapour, aux Indes, que j’ai eu la révélation de vos méthodes si éloignées de l’uniformité rigide, si diverses selon les pays auxquels elles s’appliquaient, si bien adaptées aux lieux, aux choses et aux hommes, si libérées de formalisme, si simplifiées comme administration, laissant une si large initiative aux agents locaux, réduits d’ailleurs au nombre le plus restreint, ayant un tel souci de l’hygiène et de l’assistance sanitaire, et avec quel intérêt j’ai, dès ces débuts, lu les ouvrages exposant vos méthodes coloniales. Je me revois à mon arrivée en Indochine lisant passionnément l’ouvrage sur l’Inde de Sir John Strachey qui venait de paraître. Je puis affirmer que dès lors je n’ai cessé de lutter pour qu’on s’inspirât chez nous dans tous les ordres des méthodes et des conceptions que j’admirais tant chez vous[1].

 

C’est par ces mots qu’Hubert Lyautey (1854-1934) s’adressa en 1928 à la Royal African Society, qui venait de lui rendre un hommage appuyé en lui remettant sa médaille d’or. La reconnaissance par une société savante britannique du travail d’un général et administrateur colonial français ; ainsi que l’admiration de celui-ci pour les méthodes coloniales britanniques, illustrent combien les acteurs des différents empires coloniaux européens scrutaient leurs théories et pratiques coloniales respectives. Cette connaissance de l’empire colonial de l’autre, à la fois voisin et rival, pouvait être empirique, à l’instar des escales de Lyautey dans des villes portuaires contrôlées par des Britanniques ; ou plus théorique. On pense alors aux traités, mémoires et ouvrages généraux sur les questions coloniales, qui permettaient la circulation d’idées et de connaissances d’un empire colonial à l’autre, surtout lorsque ces ouvrages étaient traduits. La citation de Lyautey va tout à fait dans le sens de Linda Colley lorsqu’elle écrit : « Il est imprudent et faux de tirer des conclusions générales sur les caractéristiques et l’importance d’un empire particulier avant d’avoir envisagé les autres », plus encore lorsqu’elle ajoute : « À moins d’aborder l’histoire des empires de manière comparative, on ne peut véritablement mesurer combien les différents systèmes impériaux apprirent et empruntèrent les uns des autres[2]. »

 

Ces connexions transimpériales sont l’objet de ce colloque, qui ambitionne d’étudier les phénomènes de collaboration concrets mais également les liens plus informels ainsi que les circulations d’idées, de théories et de pratiques coloniales entre les hommes et les femmes de terrain des empires coloniaux britannique et français. On pourra ainsi s’inspirer de ce que Richard Toye et Martin Thomas ont appelé le « co-impérialisme » des Britanniques et des Français, le phénomène colonial et impérial étant pour eux un projet essentiellement collaboratif[3]. Si les stratégies collaboratives sont faciles à identifier, les phénomènes de mimétisme, les inspirations communes ou les formes d’intertextualité entre les représentants des différents empires le sont parfois moins. Christoph Kamissek et Jonas Kreienbaum ont ainsi élaboré une métaphore numérique et très contemporaine en parlant d’un “cloud impérial” qu’ils définissent comme un réservoir de connaissances partagées dans lequel les administrateurs coloniaux de différents empires puisaient leur inspiration[4]. Au fond, est-ce qu’il ne faut pas concevoir le « système interactif », le « vaste monde interconnecté » que David Cannadine décrit dans son livre Ornamentalism en référence à l’Empire britannique comme un ensemble qui s’étendait au-delà de ses frontières[5] ?

 

Qu’elles soient très concrètes ou plus intangibles, l’étude de ces connexions transimpériales contribuera au développement du tournant transimpérial que Daniel Hedinger et Nadin Hée appellent de leurs vœux. En effet, même si l’historiographie des empires a considérablement évolué en intégrant leur dimension réticulaire, elle l’a essentiellement fait dans la perspective d’une histoire nationale en se focalisant sur les circulations au sein des empires plutôt que d’un empire à l’autre. Si les empires furent comme le suggère Christopher Alan Bayly des empires de l’information, alors on ne peut que douter du fait que la circulation de l’information se cantonna aux frontières nationales/impériales[6]. D’autant plus que dans la deuxième partie du XIXe siècle, les circulations se multiplièrent d’une colonie à l’autre, sans forcément passer par les métropoles.

 

Certains ouvrages collectifs, comme Les empires coloniaux, sous la direction de Pierre Singaravélou, proposent d’articuler l’étude du fait impérial autour d’une approche comparative des empires coloniaux européens, notamment français et britannique[7]. Ces perspectives comparatives mettent en lumière les similitudes entre les différents empires et permettent ainsi de déconstruire les discours faisant de ces empires des exceptions. Cependant, ce colloque propose d’explorer plus en avant les circulations de connaissances, d’idées et de pratiques d’un empire à l’autre. Par ailleurs, sans le nier ni l’exclure totalement, il s’agira de dépasser le prisme de la simple rivalité, souvent évoquée pour caractériser les relations entre les empires britannique et français. Ce sont ainsi les rapports de coopération/collaboration que ce colloque souhaite mettre en lumière. En effet, rares sont les travaux qui inscrivent l’histoire des empires, notamment français et britannique dans un même paradigme, à l’instar de ceux de Jennifer Pitts, Naissance de la bonne conscience coloniale: Les libéraux français et anglais et la question impériale, 1770-1870 (2008)[8], qui fait dialoguer les penseurs du libéralisme britannique et leurs homologues français, ou plus récemment dans son Boundaries of the International: Law and Empire (2018), à travers l’émergence du droit international[9].

Il s’agira ainsi de mettre l’accent sur les phénomènes de connexion, de coopération et de mimétisme entre les deux puissances coloniales française et britannique. Il est également pertinent de s’interroger sur ces relations transimpériales en dehors des moments de crise et de tension pour s’intéresser à ces rapports dans leur quotidienneté et/ou sur des périodes longues. C’est en effet, par exemple, dans l’étude d’archives du quotidien d’acteurs et d’actrices en terrain colonial que se dessinent les contours de relations interpersonnelles régulières marquées du sceau de l’amitié ou de l’inimitié: les journaux de bord de missionnaires britanniques anglicans sont ainsi à croiser avec les diaires des Pères blancs catholiques et français dans la région des Grands Lacs à la fin du XIXe siècle, car ces archives du quotidien racontent une collaboration entre Européens, loin des conflits nationaux et confessionnels mis en avant dans les archives publiées des organisations missionnaires.

 

Nous entendons l’expression « femmes et hommes de terrain » dans un sens large. Le parti pris de ce colloque est en effet de se concentrer sur l’autonomie de la périphérie coloniale en s’intéressant non seulement à ceux qui étaient en haut de la hiérarchie coloniale sur le terrain (gouverneurs, haut commissaires, vice-rois) mais également aux « petites mains » de l’empire, administrateurs coloniaux de second rang, missionnaires, simples soldats, agents de liaison dans les zones frontalières, tous ces réseaux ne se construisant pas forcément en passant par la métropole impériale. Une attention particulière sera portée aux femmes, actrices souvent invisibilisées de l’histoire coloniale et de ces échanges transimpériaux. L’historiographie anglophone s’est déjà beaucoup penchée sur les initiatives du man on the spot, qui mit souvent les autorités métropolitaines devant un certain nombre de faits accomplis, à l’instar de Sir Charles Napier, qui annexa l’état princier indien du Sindh en 1842, sans avoir reçu l’aval des autorités britanniques, et au mépris des fortes réticences exprimées par Robert Peel et son cabinet[10]. Cependant, il s’agira ici d’étudier la manière dont les relations interpersonnelles et les liens plus ou moins formels avec des représentants ou acteurs d’une autre puissance impériale influencèrent également la formation de politiques ou de théories coloniales, les interactions locales contribuant ainsi à forger des politiques plus globales. Pierre Singaravélou décrit très bien l’importance des hommes et des femmes de terrain dans les circulations transimpériales lorsqu’il écrit : « Des réseaux d’administrateurs, de franc-maçons, de missionnaires, de sportifs, de journalistes et de colons structurent ces flux de savoirs d’informations, de pratiques administratives à l’échelle des Empires britanniques ou français[11]. »

 

On pourra ainsi se pencher sur les relations entre scientifiques, à l’instar du botaniste Nathaniel Wallich, qui entretenait des liens étroits avec ses homologues des comptoirs français de Pondichéry et de Chandernagor, ou encore, dans la région des Grands Lacs africains, le missionnaire John Roscoe, ami et correspondant des anthropologues James Frazer et Alfred Haddon; ou des soldats, comme Charles Callwell, grand théoricien militaire qui ne cachait pas son admiration pour le Maréchal Bugeaud. Les acteurs des échanges commerciaux pourront également être étudiés, comme par exemple le partenariat commercial qui unissait la Compagnie anglaise des Indes orientales et les free merchants français de Pondichéry, ces marchands indépendants à qui la Compagnie avait octroyé le droit de commercer en Inde. On pourra également s’intéresser aux acteurs de la décolonisation et de la diplomatie culturelle, par laquelle les deux puissances impériales entendaient maintenir une forme d’influence plus informelle après l’indépendance de leurs colonies.

 

L’existence de processus de collaboration entre les élites locales et les colonisateurs a été mis en évidence par un certain nombre d’historiens de l’Empire et ce dès les années 1970, à l’instar de Ronald Robinson dans son article séminal intitulé « Non-European Foundations of European Imperialism: Sketch for a Theory of Collaboration »[12]. Depuis, son esquisse a été largement complétée par les travaux de David Cannadine, Linda Colley, ou encore Anil Seal, sur l’émergence du mouvement nationaliste indien[13]. De même, il existe une littérature assez conséquente sur la question des solidarités entre nationalismes dans le contexte colonial, favorisé par les travaux de Benedict Anderson sur les « communautés imaginées », qui met notamment en lumière la circulation des idées nationalistes et des outils de résistance, au-delà des frontières nationales[14]. Pour autant, cette lecture du fait colonial s’inscrit une fois encore dans le paradigme du fonctionnement interne aux Empires et justifie ainsi le choix de focaliser l’attention sur les collaborations transimpériales des puissances coloniales européennes. En 2022, Matasci Damiano et Bandeira Jerónimo Miguel consacraient un numéro de la Revue d’Histoire Contemporaine de l’Afrique à cette approche transimpériale[15]. Notre colloque s’inscrit dans la continuité de cette dynamique de recherche, mais se concentrera principalement sur les empires français et britannique, dont l’étendue et l’influence nous imposent de ne pas élargir davantage la focale, même si nous sommes bien conscients de l’intérêt qu’il y aurait à le faire. Pour autant, nous accepterons de manière plus marginale les propositions qui traitent des collaborations transimpériales avec les autres puissances coloniales européennes présentes sur les territoires sous domination et/ou influence britannique.

 

Sans s’y limiter, les propositions de communication pourront s’inscrire dans les axes suivants :

  • Circulations des représentations raciales et culturelles des sociétés colonisées
  • Circulation de modèles et de politiques coloniales telles que l’indirect rule
  • Mise en place de réseaux transimpériaux diplomatiques ou scientifiques à l’échelle locale
  • Cosmopolitisme et sociabilités transimpériales
  • Voisinage transimpérial, relations aux zones frontalières
  • Littérature coloniale, traduction et transimpérialisme

           

COMITÉ SCIENTIFIQUE

 

-Alice Byrne, LERMA, Aix Marseille Université

-Simon Deschamps, CAS, Université Toulouse Jean Jaurès

-Sophie Dulucq, FRAMESPA, Université Toulouse Jean Jaurès

-Maud Michaud, 3L.AM, Université du Mans

-Myriam Yakoubi, CAS, Université Toulouse Jean Jaurès

 

BIBLIOGRAPHIE

 

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[1] Hubert Lyautey, « Une œuvre coloniale en Afrique », Journal of the Royal African Society , Jan., 1929, Vol. 28, No. 110 (Jan., 1929), pp. 115-121 Published by: Oxford University Press on behalf of The Royal African Society, p. 117.

[2] Linda Colley, « What is Imperial History?”, in David Cannadine, What is History Now (Londres: Palgrave Macmillan, 2002), 2002, 135.

[3] Martin Thomas et Richard Toye, Arguing about Empire, Imperial Rhetoric in Britain and France, 1882-1956. Oxford: Oxford University Press, 2017.

[4] Christoph Kamissek et Jonas Kreienbaum, “An Imperial Cloud? Conceptualising Interimperial Connections and Transimperial Knowledge”, Journal of Modern European History, vol. 14, issue 2 (2016): 164-182. doi 10.17104/1611-8944-2016-2-164

[5] P. D. Morgan, in David Cannadine, Ornamentalism, How the British Saw Their Empire, London: Allen Lane, 2001, 5.

[6] Christopher A. Bayly, Empire and Information: Intelligence Gathering and Social Communication in India, 1780-1870, Cambridge: Cambridge University Press, 2000.

[7] Pierre Singaravélou, éd., Les Empires coloniaux, XIXe-XXe siècles, Lonrai: Points, 2013.

[8] Jennifer Pitts, Naissance de la bonne conscience coloniale : les libéraux français et britanniques et la question coloniale. Paris: Editions de l’Atelier, 2008. Jennifer Pitts, Boundaries of the International: Law and Empire. Harvard: Harvard University Press, 2018.

[9] Jennifer Pitts, Boundaries of the International: Law and Empire. Harvard: Harvard University Press, 2018

[10] Ronald Hyam, Britain’s Imperial Century, 1815-1914: A Study of Empire and Expansion (Houndmills: Palgrave Macmillan, 2002) 283.

[11] Pierre Singaravélou, ed., Les Empires coloniaux, XIXe-XXe siècles, Lonrai: Points, 2013, 21-22.

[12] Ronald Robinson, « Non-European foundations of European imperialism: sketch for a theory of collaboration », in, Roger Owen and Bob Sutcliffe, Studies in the theory of imperialism, London: Longman Group ltd, 1972.

[13] Anil Seal. The Emergence of Indian Nationalism: Competition and Collaboration in the Later Nineteenth Century, Cambridge: Cambridge University Press, 1971.

[14] Benedict Anderson, Benedict Anderson, Imagined Communities, London: Verso, 2006.

[15] Matasci Damiano et Bandeira Jerónimo Miguel (2022), « Une histoire transimpériale de l’Afrique : concepts,

approches et perspectives », Revue d’Histoire Contemporaine de l’Afrique, n° 3, 1-17, en ligne. URL : https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/03fmatascijeronimo